Revue de presse

Le maire socialiste de la sous-préfecture de la Sarthe, Guy-Michel Chauveau, s’apprête à raccrocher après cinq mandats successifs, soit trente ans à l’hôtel de ville. La fin d’une ère, délicate à envisager pour son camp, tandis que l’opposition veut saisir sa chance.

« Les hasards de la vie. » C’est ainsi que Guy-Michel Chauveau explique sa longévité à la mairie de La Flèche (Sarthe). Cinq mandats, trente années de règne sans partage sur cette sous-préfecture de 15 000 âmes, connue pour abriter le Prytanée national, prestigieux lycée militaire fondé par Henri IV. Dans les étages de l’hôtel de ville, qui offrent une vue imprenable sur le paisible Loir, l’édile égrène pourtant des bonnes raisons de se présenter à chacun des scrutins municipaux qui ont suivi sa première élection, en 1989. Il était alors un jeune maire socialiste de 39 ans. « En 1995, c’était normal que je me représente pour mon deuxième mandat. En 2001, j’étais député depuis 1997 — merci Chirac ! –, et c’était normal à l’époque pour une petite ville d’avoir un député-maire. » Et ainsi de suite… À l’en croire, même son dernier mandat, « celui de trop » selon ses propres mots, semble s’être joué malgré lui. Question de contexte national : « En 2014, à gauche, c’était sauve qui peut ! » Alors, il s’est dévoué…

Le hasard semble tout de même avoir joué un rôle plutôt marginal dans la carrière politique de Guy-Michel Chauveau. Car il n’y a pas que la mairie dans le CV de l’édile qui, à 75 ans, accepte volontiers de se classer dans « l’ancien monde ». Député dès 1983, il l’a été par intermittence jusqu’en 2017 — sa candidature en 2012 lui vaudra d’ailleurs d’être exclu du PS, pour s’être maintenu en dépit d’un accord promettant la circonscription aux Verts. Mais aussi conseiller général, et régional, sans oublier la communauté de communes qu’il préside depuis sa création, en 1991. Bref, un baron, habitué à gagner la ville dès le premier tour. « Et jamais une primaire ! »

Mais le cinquième mandat sera le dernier, et la guerre de succession est ouverte. À gauche, la sénatrice socialiste de la Sarthe, Nadine Grelet-Certenais, dauphine naturelle de celui dont elle fut la première adjointe pendant près de dix ans. À droite, Christophe Beaupère, quadragénaire en costume sombre, ancien jeune #RPR dont le local de campagne est orné de trois portraits : De Gaulle, Chirac, Sarkozy. En campagne depuis déjà deux ans, et à la tête de la première liste de droite unie après des années de division entre « gaullistes et centristes », il entend bien saisir sa chance en mars prochain. Et met évidemment en avant « l’espoir de changement des Fléchois ».

L’exercice est plus délicat pour la candidate socialiste. « Après trente ans, la transition n’est pas simple », reconnaît-elle. « Si je veux prendre mes marques, il faudra qu’il s’efface », prévient celle qui promet une gestion plus collective, tout en faisant de la continuité un argument. « Mais il restera forcément une personne-ressource, un conseil, un expert. » Pour l’heure, la sénatrice et le futur ex-maire se partagent la parole dans les réunions publiques.

La figure tutélaire devrait donc demeurer quelque temps encore dans le paysage politique local. D’autant que l’intéressé reconnaît volontiers qu’il « appréhende un peu » la retraite. Et si Guy-Michel Chauveau, visiblement confiant dans les chances de succès de sa dauphine, ne se fait pas de souci pour le futur de la ville, c’est avant tout parce qu’il estime que celle-ci est « sur des rails ». « Ça va être une autre méthode, peut-être meilleure », concède-t-il tout de même au crédit de celle qui pourrait lui succéder.

Encore faudra-t-il l’emporter dans ce duel droite-gauche qui s’annonce des plus classiques : sécurité et désendettement d’un côté, écologie et démocratie participative de l’autre. Affrontement « à l’ancienne » donc, en l’absence notable du #RN et de #LREM, qui ne présentent pas de liste dans la deuxième ville de la Sarthe.

Municipales : L’opposition présente ses candidats à La Flèche (Côté La Flèche 30/01/2020)